Ormuz reste fermé —  Nouvelle soirée spéciale MARDI 17 mars à 20H

15 03 2026
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Avant de commencer : Je vous signale une soirée spéciale sur la guerre en Iran, mardi prochain à partir de 20H avec mon compère Guillaume Mayot :

 
Vignette inscripiton
 
Ma chère lectrice, mon cher lecteur,
 

« le détroit d’Ormuz est ouvert »…il est « seulement fermé aux pétroliers et navires de nos ennemis, ceux qui nous attaquent, et à leurs alliés » selon le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi.

 
Le détroit reste donc FERMÉ DE FACTO puisque l’Arabie saoudite, le Qatar, le Bahreïn, les Émirats sont des alliés des États-Unis qui « laissent des forces étrangères nous attaquer depuis leur sol ».
 
Ne vous attendez donc pas à un pétrole en baisse ce soir à l’ouverture en Asie.
 
Cette déclaration iranienne a d’abord une portée diplomatique pour répondre aux États-Unis qui veulent entraîner le monde dans la guerre, au moins lui trouver une forme de légitimité, avec l’argument d’un blocage mondial à Ormuz.
 
L’Iran s’en défend de manière habile. Le point important est que nous nous trouvons sur un registre diplomatique, les Iraniens ne sont absolument pas en train de rouvrir Ormuz.
 
L’enjeu ici est de faire exploser la main-mise américaine dans la région en tentant de forcer le découplage entre les pays du Golfe et les États-Unis.
 
Il prolonge la déclaration sur l’autorisation d’export de pétrole libellé en yuans.
 
Il y a 2 guerres régionales qui se jouent en même temps, la guerre entre Israël et l’Iran et celle entre les Chiites et les Sunnites. Jusqu’ici les pays du Golfe acceptaient une alliance de circonstance avec Israël. Téhéran cherche à inverser la vapeur et retourner les pays du golfe.
 
Il est très peu probable qu’ils y arrivent à court terme. C’est beaucoup plus sérieux à moyen terme alors qu’un tel renversement était totalement inconcevable il y a 15 jours.
 
La position de l’Arabie saoudite prise entre son alliance historique avec les États-Unis et son pied dans les BRICS était intenable à long terme. L’Iran tape en plein dedans et désormais tout s’accélère.
 
Au niveau mondial, il faut bien sûr replacer la guerre dans l’opposition entre la Chine et les États-Unis.
 
À première vue, la Chine a énormément à perdre au blocage d’Ormuz par lequel transit un tiers de son pétrole. 
 
Pékin ne semble pourtant pas bien pressé de faire rouvrir le détroit.
 
La Chine avait fait le plein de ses stocks stratégiques avant le début du conflit.
 
Ils développent aussi activement leur fourniture de pétrole russe qui représente désormais 20% de leurs importations.
 
Avec 130 jours d’avance, ils peuvent se permettre de laisser la guerre durer ; 
 
C’est même leur intérêt à long terme, car la position iranienne sert la Chine : Dédollarisation, désaméricanisation, diversification des routes et des flux…
 
À long terme, la position iranienne est alignée avec la solution chinoise de routes bleues, corridors stratégiques et neutres afin de garantir les échanges commerciaux. 
 
À la différence de la coalition américaine, la route bleue d’Ormuz ne serait pas sous autorité américaine. 
 
Le pire pour l’Europe qui s’est mise aveuglément dans le sillage américain serait que le pétrole finisse effectivement  par passer… Sauf pour les alliés des États-Unis. Nous y compris. 
 
Je vous propose d’en discuter mardi pour une soirée spéciale sur les conséquences de la guerre en Iran.
 
Vignette soirée Iran
 
À votre bonne fortune et à mardi !
 
Guy de La Fortelle


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