Ce vaccin qui soigne si bien les Bourses

10 11 2020
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Ma chère lectrice, mon cher lecteur,
 
+7,5 % hier sur le CAC.
 
Pour une fois, les marchés américains ne font pas si bien.
 
Nous avons explosé la barre des 5 000 points pour aller directement à 5 300.
 
Cette euphorie nous vient des résultats mirifiques d’un essai clinique de vaccin par le laboratoire Pfizer – dont les données n’ont pas été publiées, ni vérifiées – mais qui serait efficace à 90 % (alors que le vaccin contre la grippe oscille difficilement entre 40 et 60 % d’efficacité selon les années).
 
Cela ne va pas. Annoncer des résultats sans publier les chiffres de l’essai va à l’encontre de la déontologie scientifique de base.
 
Il y a trop de problèmes dans cette annonce pour la prendre argent-comptant. Mais la presse ne fait plus son travail de contradiction et de vérification depuis longtemps. Aussi je compte sur vous pour transférer cette lettre à votre carnet d’adresses, la partager sur les réseaux sociaux, la republier.
 
Cela n’empêche pas le patron de Pfizer, Albert Bourla, d’être dithyrambique : c’est un grand jour pour l’humanité, enfin la lumière au bout du tunnel, la plus grande découverte médicale depuis 100 ans (y compris la pénicilline, le plasma sanguin, le pacemaker ou le scanner, Docteur ?).
 
Selon l’annonce de Pfizer, 39 000 personnes ont reçu 2 doses du vaccin ou leur placebo.
 
Sur ces 39 000 personnes, 94 auraient contracté le virus et parmi ces 94, plus de 90 % feraient partie du groupe placebo. On imagine donc que 9 personnes vaccinées ont été infectées contre 85 qui avaient reçu le placebo.
 
Cela signifie que d’un côté, 0,4 % des placebos ont été infectés et de l’autre 0,05 % des vaccinés l’ont été.
 
Bien sûr les résultats ne sont pas présentés comme cela car de ce point de vue, la différence pourrait être due à la marge d’erreur.
 
Comme ils le disent eux-mêmes à demi-mot, les résultats ne sont pas vraiment statistiquement valides : ils n’ont pas encore pu étudier suffisamment de cas d’infections. Mais nous ne pouvons pas savoir… Ils N’ont PAS publié leurs résultats.
 
Ce n’est pas anodin, un essai clinique pour un vaccin est un enfer, vous devez donner un médicament à une population saine et espérer qu’elle N’attrape PAS la maladie que vous voulez combattre.
 
C’est beaucoup plus compliqué que de prendre un malade, lui donner un médicament et voir s’il va mieux (ce qui n’est déjà pas simple). Vous travaillez avec des échantillons gigantesques pour réussir à isoler quelques dizaines de cas. Les risques d’erreurs et de biais statistiques sont énormes et en l’occurrence :
  • Ils n’ont pas suivi les patients suffisamment longtemps selon les standards de la FDA américaine ;
  • Ils n’ont pas isolé suffisamment de cas pour être statistiquement valides ;
  • Ils n’ont pas publié leurs chiffres qui n’ont donc pas pu être vérifiés par la communauté scientifique…
  • Ils ne savent même pas de leur propre aveu quel est l’effet réel du vaccin sur les cas sévères de Covid… Qui sont ceux qui nous qui nous intéressent vraiment.
Alors pourquoi aujourd’hui ?
 
Cette annonce intervient très opportunément le lundi suivant la probable victoire de Joe Biden aux États-Unis.
 
Monsieur Bourla rétorque que le temps de la science n’est pas celui de la politique.
Sauf que cette annonce n’est ABSOLUMENT pas dans le temps de la science comme nous venons de le voir puisque l’essai n’est ni fini, ni statistiquement valide, ni vérifié par la communauté.
 
Nous NE sommes PAS dans le temps de la science, nous sommes exactement dans le temps de la politique, du marketing et des grosses affaires louches.
 
Ils utilisent aujourd’hui une technique de manipulation éculée : Annoncez un résultat époustouflant, avec beaucoup de gravité et d’emphase, mais surtout aucun détail, et une fois que tout le monde est béat d’admiration et de gratitude envers les sauveurs du virus, il sera trop tard pour aller chercher des poux à cet essai clinique.
 
Ils nous ont fait le même coup avec l’étude bidonnée du Lancet.
 
N’oubliez pas que dans cette affaire du Covid, la plus vénérable revue médicale mondiale, The Lancet, s’est ridiculisée en publiant une étude fabriquée de toutes pièces CONTRE la chloroquine.
 
C’est à partir de cette étude que la France a interdit l’usage de l’hydroxychloroquine… L’étude a été retirée, mais l’interdiction, elle, est restée.
N’oubliez pas que dans cette affaire on nous a raconté tout et son contraire sur l’utilité des masques et du confinement.
 
A priori, nous avons toutes les raisons de NE PAS faire confiance à ces gens.
 
Aujourd’hui ils nous présentent ce vaccin comme miraculeux mais personne ne discute de l’intérêt de ce vaccin : la Suède a atteint une immunité collective avec une mortalité désormais plus faible qu’en France et n’a à faire face, ni à une seconde vague de décès ni à des mesures de confinement moyenâgeuses : Sans qu’ils aient besoin d’un vaccin.
 
Alors pourquoi dépenser des dizaines de milliards dans un vaccin lorsque les voies mystérieuses du corps humain et de la nature sont plus efficaces et sans effet secondaire ?
 
Pourquoi dépenser des dizaines de milliards dans la recherche d’un vaccin au lieu de reconstruire nos systèmes de santé, retrouver la moitié des lits de réanimation qui ont été fermés depuis 20 ans ?
 
Nos médecins, infirmières et personnels hospitaliers étaient déjà à bout de souffle avant cette crise et qu’avons-nous fait depuis 8 mois ? Avons-nous pris à bras-le-corps le problème de déliquescence de nos hôpitaux ? Reprenons-nous en main la filière de santé en France qui ne fait plus l’admiration de personne depuis longtemps ? Allons-nous nous occuper de traiter nos médecins et infirmières dignement ?
 
Non, nous avons couru derrière un vaccin cache-misère.
Vaccin ou hôpital, dans les deux cas, nous parlons d’argent public, mais d’un côté détourné vers des profits privés gigantesques et de l’autre au service de la communauté et du bien commun.
 
Je ne crois pas les gens qui nous gouvernent plus bêtes que d’autres. Pourtant leur action depuis le début de la crise n’est rien d’autre que catastrophique.
Je ne crois pas qu’il faille mettre cela sur le compte de l’incompétence mais sur les conflits d’intérêts et motivations réelles qui les animent.
 
Derrière RelX, le groupe qui détient The Lancet, ou Pfizer, il y a les mêmes actionnaires, les mêmes géants de la gestion d’actifs américains : BlackRock, Vanguard, State Street…
 
Le patron de BlackRock, Larry Fink, fut l’un des premiers à être reçu par Emmanuel Macron après son élection et l’est régulièrement depuis comme le révèle Denis Robert dans un nouvel ouvrage sur BlackRock. Selon l’ancien ministre Michel Sapin, Larry Fink « formate l’opinion de ce petit monde manichéen » des décideurs économiques. C’est lui qui a les cordons de la bourse et qui dicte ce que doit faire la France pour être compétitive.
 
Or BlackRock détient 8 % de Pfizer et 8,5 % de RelX.
 
Le conflit d’intérêts pour un actionnaire qui détient une position dominante aussi bien dans les plus grands labos pharmaceutiques et le plus grand groupe d’édition scientifique est monstrueux.
 
Lorsqu’en plus ce conflit d’intérêts se matérialise par une faute aussi grave pour une revue de cette envergure : il faut nettoyer.
 
J’ai beaucoup travaillé sur BlackRock, nous allons en reparler bientôt, en 2014, ils avaient fait l’objet d’une enquête par le procureur de New York qui avait qualifié les pratiques de BlackRock de « délit d’initié 2.0 ».
 
Nous savons que BlackRock a été un acteur essentiel du sauvetage du système financier américain en 2008. Ils étaient les seuls capables de faire le tri entre les actifs viables et les actifs pourris et ils l’ont fait de la pire des manières en privatisant les profits pour eux et leurs clients et en mutualisant les pertes auprès de la collectivité.
 
12 ans plus tard, BlackRock est devenu encore plus puissant mais également plus fragile, ce sont eux et leurs ETF obligataires qui ont dû être sauvés en mars et cela a été fait avec une diligence peu commune et si nous ne connaissons pas leur rôle dans la crise du Covid, celui-ci apparaîtra tôt ou tard.
 
L’annonce d’hier, en tout cas dans sa forme, n’a rien à voir avec un grand jour pour l’humanité, ou alors pour une humanité réduite aux grands actionnaires et prédateurs financiers.
 
Le virus dont il nous faudrait nous débarrasser aujourd’hui avant le Covid, c’est le virus de la finance devenue folle et qui emporte nos économies, nos infrastructures, nos biens communs et avec elle et sans doute plus de vies encore que ce Covid qui a bon dos pour justifier tous leurs excès politiques, sociaux et financiers.
 
 
À votre bonne fortune,
 
Guy de La Fortelle


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