Grosse chaleur

30 10 2018
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Il est temps de prendre rendez-vous avec votre banquier.
 
Si vous avez une assurance vie, un fonds euro, un pécule placé de manière sécuritaire : allez vérifier. Lisez les petites lignes. Questionnez votre banquier, , harcelez-le lorsqu’il évitera de répondre et surtout s’il se montre immodérément confiant.
 
Dans ce qui va venir, c’est-à-dire la curée, vous êtes seul, ni l’État, ni la banque ne préservera votre intérêt.
 
Ça c’est pour la mauvaise nouvelle.
 
Pour la bonne : préparez-vous, les soldes arrivent.
 
Comme d’habitude, la nouvelle nous vient de l’oncle Sam. 
 
 
Depuis une semaine Wall Street dévisse sec :
  • La chute est lourde, un an de gains ont été effacés en une semaine ;
  • Elle suit de trop près le coup de chaud qui avait déjà eu lieu au début de l’année et ;
  • Les rebonds techniques (buy the dip) ne sont pas-là.

Le coeur n’y est plus, il ne reste plus personne, mais vraiment plus personne pour croire que l’arbre va monter jusqu’au ciel.

Rappelons au passage, qu’il y a moins d’un an, d’aimables députés de la République en Marche emmenés par la dynamique-un-peu-perfectionniste-j’ai-eu-20-au-bac Amélie de Montchâlin avaient brillamment décidé de « flêcher » votre argent vers les marchés boursiers pour financer l’économie réelle et vous faire gagner de meilleurs rendements. C’est toujours plus facile avec l’argent des autres. En bonne louve politique, elle s’est dépêché d’oublier ce moment gênant et s’est trouvée d’autres bêtises à raconter (« il n’y a pas que les impôts dans la vie » par exemple). Le problème est qu’entre temps, l’industrie bancaire a mis le plan a exécution. Ils n’étaient déjà pas bons, mais avec des conseils pareils…

Cela fait deux ans que je répète à longueur de lettre qu’il ne faut plus entrer en bourse.

Maintenant il est largement temps d’en sortir.

Car bien évidemment le CAC40 a suivi docilement la tendance américaine etefface même tous ses gains depuis l’élection d’Emmanuel Macron :

 

Non vraiment, il n’y a plus que des coups à prendre.

Mais que se passe-t-il ? Il y a quelques mois encore l’économie repartait, selon la presse enthousiaste, on sortait de la crise, le chômage baissait, la croissance revenait… Nous auraient-ils menti ?

D’autant que la cause est fondamentale et vient de loin : il n’y a plus d’argent pour faire n’importe quoi.

N’importe quoi, cela veut dire arroser d’argent des plantes déjà mortes comme TeslaUberDeutsche BankAltice en France (SFR)… La liste est longue.

Cet argent est en train d’être retiré de la circulation par la Fed et les banques centrales dans son sillage. Ce sont eux qui controlent le robinet.

La politique de hausse des taux de la Réserve Fédérale américaine — qui n’est plus compensée par d’autres banques centrales européennes, chinoises ou japonaises— fait sentir sa pression.

Imaginez une grande partie de Monopoly où la banque distribue des tombereaux d’argent aux joueurs et de plus en plus à chaque tour : d’un point de vue rationnel, les joueurs ont intérêt à acheter tout ce qu’ils peuvent, peu importe la qualité, il faut bien que l’argent aille quelque part et plus il y en aura plus les prix monteront. Les joueurs s’endettent même massivement auprès de la banque en anticipant sa politique. La banque commence à dire qu’elle va retirer des billets du jeu, mais personne ne la croit : les marchés sont « Too Big To Fail ». Alors elle commence à le faire tout doucement, mais personne ne prête attention. Elle continue insensiblement et voilà que les joueurs commencent à se rendre compte qu’il y a moins d’argent sur la table. Les échanges se grippent… La chaleur monte.

Vous pouvez bien trouver toutes les excuses que vous voulez, la politique protectionniste de Trump ou le manque de consommation de la population, ou d’innovation ou ce que vous voulez. Ce n’est que de la poudre aux yeux.La cause fondamentale est qu’il n’y a plus d’argent.

 
Oups, on en peut plus faire n’importe quoi.
 

NON, NON et NON car l’argent dans ce monde étonnant qu’est le notre, n’a pas d’autre substance que la confiance que nous lui portons. L’argent que vous avez sur votre compte en banque ne vous appartient pas, ce n’est pas une valeur que la banque détient pour vous, l’argent sur votre compte est une reconnaissance de dette de la banque en votre faveur, qui n’a de valeur que tant que vous avez confiance en votre banque. Si vous en doutez, essayez donc d’aller à la banque et demandez leur de retirer 10 000€ en liquide, c’est votre argent que vous demandez dans la monnaie qui a court légal dans votre pays, cela devrait être immédiat, je vous souhaite pourtant bien du courage.

Comprenez bien, la Fed et les banques centrales, en détruisant la confiance, risquent de détruire bien plus d’argent que ce qu’elles entendent retirer.

Et OUI, elles doivent retirer cet argent de la table, car plus elle tardent, plus lourde sera la chute. La psychologie d’un marché financier n’est pas très différente de celle d’un couple : vous pouvez bien enterrer les problèmes un moment, faire comme si, mais alors ils couvent et enflent et plus vous attendez, plus vous prenez le risque que tout vous pète à la figure.

Depuis 2008, chaque euro de croissance dont se félicitent nos gouvernements en France et en Occident se paie en moyenne contre 3 euros de nouvelles dettes. Pour dépenser un euro de plus aujourd’hui nous acceptons d’en payer 3 demain.

Or ces euros nous, nous nous les empruntons à nous-même. Car la banque qui prête de l’argent ne puise pas dans des « stocks » mais ajoute des écritures à l’infini avec seule limite notre confiance et les règles de la banque centrale.

Nous sommes en train de détruire les biens communs que sont nos monnaies et les banques centrales le savent très bien. C’est pour cela qu’elles doivent monter les taux : pour purger avant que toute l’économie et tous les marchés ne se fassent emporter.

Alors voici ce qui va se passer maintenant :

  • Le marché baissier va s’installer, avec quelques rebonds vicieux.

 

  • Ce marché va entrainer à sa suite une récession, de nouvelles explosions de déficits, du chômage, de la pauvreté et de l’insécurité,
 
  • Une nouvelles crise souveraine, bancaire et obligataire en Europe qui risque d’y laisser sa peau.
Et cela va ailler très vite, car nous n’avons plus aucune réserve, plus aucun matelas d’amortissement.
 
Alors que l’on veut vous faire croise que nous sortons difficilement d’une longue crise, la réalité est que nous nous apprêtons à subir la suivante. Et personne n’est prêt… Le serez-vous ?
 
  • Les banques centrales vont bien devoir rallumer la planche à billet EN PANIQUE.

Mais cette fois, la confiance n’y sera plus et l’inflation va exploser et avec les circuits bancaires.

Tout ce qui est parallèle, réel et nécessaire vaudra alors de l’or, à commencer par l’or qui retrouvera, momentanément ou pour longtemps, son statut de monnaie et la valeur qui va avec.

Au contraire, tout ce qui est virtuel s’affaissera. Le Bitcoin est les cryptomonnaies seront chahutées car personne ne saura vraiment comment les considérer mais leur utilité étant majeure et indéniables, elles survivront et finiront par s’installer comme Internet en son temps après 2001.

Peut-être y aura-t-il la guerre.

Enfin quand nous auront finalement purgé nos économies, nous pourrons reconstruire.

Et alors, ceux qui seront préparés avant tout le monde, et se seront re-positionnés avant, toucheront le jackpot.

Se préparer aujourd’hui c’est se rendre liquide. 

LIQUIDE.

Ce sera le thème de ma lettre de demain.

À votre bonne fortune,

Guy, L’investisseur sans costume.


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1 commentaire sur “Grosse chaleur

  1. Tout ceci est sur dramatise et donc faux
    Il y a aujourd’hui 7 milliards de consommateurs à qui on enseigne les règles de consommation à outrance. Et ils obéissent !
    Donc les jeux d’avant 1929, peuvent continuer, en s’accélèrent de préférence.
    D’où un Cac à 6500 dans moins de 12 mois… Et alors, ça gêne qui et quoi…??

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