Les 3 secrets du Doc au chapeau rouge

06 03 2019
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Mon cher lecteur,

Le docteur Herbert Wertheim est un ophtalmo américain de 79 ans.

Il est également milliardaire et toujours affublé d’un panama rouge vif.

Son histoire commence comme un mauvais film hollywoodien : ses parents fuient le nazisme, l’arrivée en Amérique se passe mal, la famille déménage constamment. Son père le bat, il est dyslexique. Au collège, il ne sait toujours pas lire et écrire correctement. Il fait l’école buissonnière et finit devant un juge qui lui propose pour seule alternative l’armée ou la maison de redressement.

Il choisit l’armée. Encore faut-il qu’il réussisse les tests d’admission, lui qui sait à peine lire et écrire à 16 ans. Mais l’armée à l’habitude des gens comme le jeune Herbert et les tests de logique lui révèlent qu’il est loin d’être l’idiot que tout le monde voit en lui. Il reprend des études au sein de la Navy et devient finalement docteur en optométrie.

Le jeune docteur Wertheim déborde d’idées et de projets. Il invente un filtre optique et vend son invention contre une coquette somme d’argent… Il ne la touchera jamais à cause d’un contrat mal ficelé.

On ne l’y reprendra pas. Il développe et commercialise lui-même son invention suivante et crée sa société. Patron de PME, le docteur Wertheim est encore loin d’être milliardaire, mais cela lui suffit pour vivre confortablement et même un peu plus… Qu’il investit en Bourse.

Le docteur Wertheim a commencé avec 10 000 dollars d’investissement initial plus 200$ par mois !

Personne ne sait quels furent les débuts en bourse du docteur, quels furent ses succès et déboires pendant 2 décennies mais en 1986, il investit dans Microsoft lors de son introduction en Bourse. Il a déjà 50 ans : il n’y a pas d’âge pour réussir.

En 32 ans, l’action est passée de 10 centimes à plus de 100 $… Soit une hausse de 100 000 %. Cela équivaut à un placement qui vous rapporte +25 % en moyenne, année après année pendant plus de 30 ans, c’est considérable.

Le docteur Wertheim a cru en Microsoft car il utilisait lui-même les produits de Bill Gates et était persuadé qu’ils allaient changer le monde. Il fallait bien cela pour tenir.

Nombreux sont ceux qui regrettent d’avoir raté des investissements comme Microsoft à la fin des années 1980, mais nombreux aussi sont ceux qui doivent être plus amers encore d’avoir vendu trop tôt. Car les occasions de paniques furent nombreuses :

  • En 1987 avec 40 % de baisse ;
  • – 25 % en 1990 ;
  • – 20 % en 1992 
  • -25 % en 1993
  • – 20 % en 1998 ;
  • – 65 % en 2000-2001 !

Il est facile de voir aujourd’hui une belle courbe qui monte jusqu’au ciel et oublier qu’au début personne n’y croyait et qu’à chaque baisse les gens convenables enterraient le trublion de l’ordre établi.

Mais comme le doc le dit lui-même :

« Si vous aimez une action à 13 $, vous l’aimez aussi à 12, à 11 et même à 10. Chaque baisse est comme une promo, une opportunité d’achat avec un rabais. »

C’est le premier secret du docteur Wertheim : achetez ce que vous aimez, ce en quoi vous croyez, ce qui est UTILE au monde et gardez le très longtemps.

Le doc investit aussi dans Apple et dans de nombreuses autres entreprises technologiques. Désormais le cercle vertueux est enclenché. Il a sûrement perdu beaucoup d’argent sur d’autres actions mais qu’importe, ses gains ont plus de mille fois effacées par ses pertes.

C’est le second secret du docteur Wertheim : pour réussir, il faut commencer par ne pas avoir peur d’échouer.

Avant de devenir milliardaire, le docteur Wertheim a échoué à l’école, il s’est fait rouler dans la farine avec sa première invention, il a investi longtemps en Bourse sans résultats… Mais il n’a pas cessé de faire ce qu’il aimait et ce en quoi il croyait.

Désormais milliardaire, le docteur Wertheim a continué à donner ses cours à l’université, à présider sa PME. Il n’a pas pris la grosse tête. Il a gardé sa vie « d’avant ». Une seule chose a changé, il est devenu philanthrope… Avec la fortune viennent aussi les responsabilités.

Eh oui, vous pouvez être ophtalmo et devenir milliardaire. Pas besoin d’être Bill Gates ou Mark Zuckerberg, d’avoir fait Harvard, de travailler 16 heures par jour ou d’être spécial ou bizarre. De nombreuses personnes font fortune sans excès mais simplement en étant organisées, prudentes et engagées. Mais on ne parle pas de ceux qui ne font pas parler d’eux

Enfin, le 3e secret du docteur Wertheim est vissé sur sa tête : c’est son chapeau rouge qu’il a rapporté un été de vacances en Équateur. À vrai dire, il en avait rapporté 5 de couleurs différentes… Mais c’est le rouge qu’il mit pour faire sa rentrée à l’université et se protéger du soleil de Floride en plein mois d’août.

Il raconte qu’en descendant de sa voiture, dans l’ascenseur, à son labo, ses étudiants, collaborateurs et amis, tous lui dire : Doc, vous avez bonne mine avec ce chapeau (You look good with this hat, Doc).

Alors, il a décidé de ne plus le quitter.

Voilà un homme qui pourrait se permettre toutes les excentricités et tous les caprices de son humeur mais qui a la simplicité d’écouter et observer les réactions autour de lui pour faire ses choix.

Dans un monde toujours plus pressé et égoïste, j’aime la figure tranquille et attentive du docteur Wertheim, la tête sur les épaules et le chapeau sur la tête.

Pour une fois j’ai voulu parler de quelqu’un qui ne fait pas parler de lui…

À votre bonne fortune,

Guy de La Fortelle


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