Le meilleur de deux investissements

08 04 2019
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Mon cher lecteur,
 
Suite à ma lettre d’hier, Bruno Bertez, fondateur de La Tribune qui tient désormais un blog très actif en finance et politique, a écrit un commentaire fondamental dont je vous conseille la lecture :
 
 
Le commentaire de Monsieur Bertez est fondamental car il est une clé, si ce n’est LA clé pour sélectionner vos investissements. Par exemple :
 
Deux entreprises fabriquent rigoureusement les mêmes chaises qui leur coûtent 10 € à produire et à distribuer.
 
L’une d’elles les vend 11 € sur son marché local pour une marge bénéficiaire de 10 % et un capital de 100 000 €.
 
L’autre s’est développée sur de nouveaux marchés à grand renfort de publicité. Elle vend deux fois plus de chaises à 13 € pièce, soit 30 % de marge bénéficiaire et a eu besoin d’1 million d’euros de capital pour se développer.
 
Il se trouve que vous voulez investir dans une de ces deux entreprises laquelle choisissez-vous ?
 
A ou B ?
 
 
.
 
 

 
……
 
………
 
………
 

…………

  
 
 
Il n’y a pas de bonne réponse a priori.
 
À la fin de l’année, la société B aura généré 6X plus de bénéfices que A.
 
Mais B devra rémunérer 10X plus de capital investi
 
Aussi, le bénéfice pour chaque euro de capital investi sera supérieur pour la société A. 
 
En tant qu’actionnaire, vous estimez donc que vous aurez de meilleurs gains avec A.
 

En bourse, cela correspond au P/E ratio (Price-to-earnings ou valeur de marché de l’action par rapport au bénéfice par action). Les P/E varient beaucoup selon les secteurs mais en général ils évoluent entre 20 et 25. C’est-à-dire que le prix d’une action correspond à 20 ou 25 fois le bénéfice par action. C’est énorme. Plus le P/E est bas, plus le bénéfice par action est élevé. 

 
Mais attendez avant de vous jeter sur la société A… Un P/E bas ne veut plus dire grand chose de nos jours.
 
En effet, la société B se rend compte très vite qu’A est plus efficace qu’elle. Elle vend ses chaises moins cher et a besoin d’immobiliser moins de capital qu’elle. Elle risque de la supplanter sur le long terme.
 
B n’a alors qu’une solution devant elle pour survivre : supplanter A par la taille, atteindre une taille de marché qui lui permette de distancer A suffisamment pour empêcher toute concurrence possible, et si possible mener à la faillite ou le rachat de A par B.
 
Quand je dis B, je veux dire les actionnaires de B. Ils ont déjà investi 1 million, et ne veulent certainement pas les perdre. Alors s’ils peuvent investir un second million sans prendre trop de risque ni payer trop cher, ils le feront à coup sûr .
 
Et c’est là que les politiques des banques centrales sont… centrales.
 
En fixant le prix de l’argent à zéro, elles donnent un avantage comparatif à l’entreprise la plus intense en capital, et non la plus efficace.
 
Ainsi, ce sont les politiques des banques centrales qui décident du meilleur investissement entre A et B et aujourd’hui les banques centrales indiquent clairement B.
 
C’est comme si on donnait un avantage aux entreprises qui emploient plus de main-d’œuvre et plus cher pour fabriquer le même produit.
 
Et c’est là que cela coince. Si vous êtes ouvrier en France, on vous explique que vous n’êtes pas assez rentable comparé à un ouvrier polonais ou chinois et que vous devez vous trouver une autre occupation.
 
En revanche, personne ne dit aux investisseurs que leur capital n’est pas assez rentable et qu’ils feraient mieux de l’investir ailleurs que dans Uber ou Facebook.
 
Ce déséquilibre est en train de détruire nos sociétés en drainant la richesse vers une toute petite classe de banquiers, investisseurs et patron, ce que l’on appelle généralement la grande bourgeoisie d’affaire.
 
C’est très facile à comprendre dans le cas d’Uber dont je vous parlais hier :
 
La société n’a pas encore gagné un centime de bénéfice mais il est déjà écrit dans ses comptes, qu’entre ses dettes et son capital, elle devra générer 100 milliards de bénéfices pour que ses actionnaires et créanciers commencent à faire un bénéfice … Cela fait beaucoup d’argent pour un secteur d’activité, les taxis, à faible valeur ajoutée et sans aucune barrière à l’entrée.
 
Alors dites-moi cher lecteur, que faut-il faire ? Vaut-il mieux qu’Uber fasse faillite portant un coup, peut-être fatal, à de grands investisseurs et banquiers ? Ou bien sauver Uber et qu’ils assoient durablement leur monopole et prélèvent plus de 100 milliards de dollars sur le travail de millions de chauffeurs de taxis ?
 
Vous noterez qu’il ne s’agit pas de réglementer ou taxer Uber. Simplement de créer les conditions de la prospérité.
 
 
À votre bonne fortune,
 
Guy de La Fortelle

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