Nouvelle mesure contre l’argent liquide

08 04 2019
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Mon cher lecteur,
 
Imaginez : Vous vous rendez au distributeur. Vous retirez 150 € avant d’aller faire un vide-greniers.
 
Comme d’habitude, vous insérez votre carte, vous tapez votre code, l’argent sort de la machine. Vous ne prenez même pas la peine de demander un ticket…
 
Quelques jours plus tard, en parcourant distraitement votre relevé de compte, vous êtes intrigué par cette ligne :

Frais de retrait au distributeur

 
 
 
 
 
Vous vous rappelez bien avoir retiré 150 €, la date correspond bien… Mais pourquoi le débit est-il de 158 € ? Le distributeur de billets est bien incapable de vous donner 8 €, quel peut bien être encore ce mauvais coup ?
 
C’est alors que vous vous rendez compte que la banque a changé ses conditions et prélève désormais 2 € + 4 % de frais à chaque retrait.
 
Vous appelez furieux votre banquier qui vous répond très calmement que ces frais sont tout à fait normaux. La gestion des espèces coûte très cher à la banque : il faut installer les distributeurs, les entretenir, les approvisionner en billets, remplacer les vieux billets — ce qui est en plus une opération très dangereuse — et en plus payer le droit de seigneuriage (imaginez à quel point c’est archaïque !). Il n’y a pas de raison que les bons clients qui utilisent leur carte ou leur téléphone paient pour un service archaïque. D’ailleurs vous devriez vous considérer heureux que la banque vous permette encore de retirer des espèces !
 
Vous vous sentez mal à l’aise. L’argumentaire de votre banquier est impeccable mais il y a quelque chose qui cloche. Vous lui reprochez de ne pas vous avoir prévenu. Il finit par vous rembourser — pour cette fois ! — les 8 € et vous raccrochez avec ce sentiment désagréablement persistant.
 
Et vous avez raison, car la réalité, la voici.
 
Tout a commencé en février 2019 au FMI.
 
Deux économistes publient un article technique intitulé « Comment faire fonctionner des taux d’intérêt négatifs ? »
 
Le raisonnement est simple :
  • Fait n° 1 : Lors des crises, les banques centrales doivent baisser leurs taux directeurs de 3 à 6 % pour faciliter la reprise.
  • Fait n° 2 : Les taux sont déjà à 0 % dans la Zone Euro (et même -0,40 % dans certains cas).
  • Fait n° 3 : Pour pouvoir jouer son rôle, la banque centrale va donc devoir baisser son taux directeur en territoire négatif, jusqu’ici inexploré, de l’ordre de – 4 % selon d’autres travaux du FMI.
  • Fait n° 4 : Pour faire face, les banques vont être obligées de répercuter ces « taux négatifs » à l’ensemble de leurs dépôts, y compris votre compte courant, dès le premier euro. Cela veut dire que si vous laissez 1 000 € sur votre compte courant, au bout de 3 ans, vous n’avez plus que 880 €.
  • Fait n° 5 : Pour éviter cette perte, les déposants (vous et moi) vont se tourner vers l’argent liquide qui présente l’avantage de ne pas perdre sa valeur faciale dans le temps : un billet de 50 ans vaut toujours 50 € au bout de 3 ans.
  • Fait n° 6 : les populations sont encore très attachées à l’argent liquide et sont fermement opposées à sa disparition. Ça, je le sais bien pour avoir lancé une pétition sur le sujet qui a réuni plus de 60 000 signatures.
Conclusion : Il faut taxer l’argent liquide suffisamment afin de supprimer l’intérêt pour les déposants de retirer leur argent en liquide.
 
Bien sûr, tout ceci n’est qu’une hypothèse. Rien ne dit que cela va se passer comme nos deux économistes du FMI le suggèrent mais la question des taux négatifs revient sans cesse. Avec la relance des déficits budgétaires, elle est la seule solution jugée efficace — élégante même ! — contre la prochaine crise. Or le plus grand frein aux taux négatifs, c’est l’argent liquide.
 
S’ils veulent la fin de l’argent liquide, ce n’est pas pour combattre le terrorisme ou la fraude fiscale mais pour piéger vos dépôts bancaires afin de les taxer librement.
 
À vrai dire, j’espère sincèrement me tromper. Mais ce n’est pas parce qu’on espère le meilleur qu’il ne faut pas se préparer au pire. Il est impératif de réduire votre dépendance aux banques, à l’ Euro, aux marchés financiers :
  • Ayez des espèces (mais pas trop de l’ordre de 1 à 3 mois de vos dépenses);
  • De l’or et de l’argent métal;
  • Diversifiez vos avoirs en différentes monnaies, si possible en dehors de la zone euro;
  • Ayez quelques cryptos;
  • Investissez dans l’économie réelle.
Pour signer la pétition contre la disparition de l’argent liquide, si ce n’est pas encore fait, cliquez ici
 
À votre bonne fortune,
 
Guy de La Fortelle

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