L’escalade et le racket : Le discours très attendu de Trump cette nuit

02 04 2026
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Ma chère lectrice, mon cher lecteur, 
 
Trump a désormais besoin d’un pétrole cher et besoin de la guerre. 

 
Nous allons le voir en détail ci-dessous, après les 2 extraits les plus importants du discours de Trump prononcé à 3h du matin, cette nuit, de notre côté de l’atlantique.

 
En 2 mots, nous pouvons retenir de ce discours l’escalade et le racket
 

Trump n’est pas dépendant au pétrole d’Ormuz, c’est bien pire il est dépendant à un pétrole d’Ormuz libellé en dollars.
 
Il y parle d’Ormuz comme d’une femme qu’il faudrait forcer… « Grab Ormuz » dit-il comme il dit des femmes « Grab them by the pussy »
 
« Grab Ormuz by the pussy » est peut-être le meilleur résumé des pulsions frustrées de Trump qui déclare la victoire en même temps que la guerre totale et l’injonction à l’Europe de prendre le relais où ses charmes explosifs ont échoué… 
 
Plus grave, Trump désormais est comme Zelensky et Netanyahu : Son sort dépend de la victoire totale d’une guerre qu’il ne peut plus gagner. 
 
Au temps pour le leader du monde libre… 
 
Voici les 2 passages essentiels du discours de Trump comme toujours, l’Iran est décimé mais les États-Unis vont frapper encore plus fort…
 
Je vous donnerai ensuite l’analyse que j’ai livrée en exclusivité aux abonnés de La Conférence des Investisseurs hier soir, c’est-à-dire avant le discours de Trump. 
 

Comme anticipé, le pétrole a bondi a la suite du discours.

 
 
Cours du pétrole en hausse après le discours de Trump 
 
Extraits : 

Vignette Trump

« Les États-Unis n’importent pratiquement plus de pétrole via le détroit d’Ormuz et n’en importeront plus à l’avenir. Nous n’en avons pas besoin. Nous n’en avons jamais eu besoin et nous n’en avons pas besoin.

 
Nous avons vaincu et complètement décimé l’Iran. Ils sont décimés — militairement, économiquement, et à tous les égards.

 
Et les pays du monde qui reçoivent du pétrole via le détroit d’Ormuz doivent prendre soin de ce passage. Ils doivent le chérir. Ils doivent s’en emparer et le chérir. Ils peuvent le faire facilement. Nous serons là pour les aider, mais c’est à eux de prendre les devants pour protéger le pétrole dont ils dépendent si désespérément.
 
Alors, à ces pays qui ne peuvent plus s’approvisionner en carburant — dont beaucoup ont refusé de s’impliquer dans la décapitation de l’Iran, nous laissant le faire seuls — j’ai une suggestion.
 
Premièrement : achetez du pétrole aux États-Unis d’Amérique. Nous en avons en abondance. Nous en avons énormément.
 
Et deuxièmement : trouvez enfin un peu de courage, même tardif. Vous auriez dû le faire avant. Vous auriez dû le faire avec nous quand nous vous l’avons demandé. Allez au détroit et prenez-le — protégez-le, utilisez-le pour vous-mêmes.

 
L’Iran a été essentiellement décimé. Le plus dur est fait, donc ce devrait être facile.
 
Et de toute façon, lorsque ce conflit sera terminé, le détroit s’ouvrira naturellement. Il s’ouvrira tout simplement. Ils voudront pouvoir vendre leur pétrole — car c’est tout ce qu’ils ont pour tenter de se reconstruire. Le flux reprendra, et les prix du pétrole redescendront rapidement.

 
[…]

 
Très prochainement, nous allons les frapper extrêmement fort au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l’âge de pierre, là où est leur place.

 
Dans l’intervalle, des discussions sont en cours. Le changement de régime n’était pas notre objectif — nous n’avons jamais parlé de changement de régime — mais un changement de régime s’est produit en raison de la mort de tous leurs dirigeants d’origine. Ils sont tous morts. Le nouveau groupe est moins radical et beaucoup plus raisonnable.

 
Cependant, si aucun accord n’est conclu pendant cette période, nous avons nos cibles en vue. S’il n’y a pas d’accord, nous allons frapper chacune de leurs centrales électriques très durement, et probablement simultanément.

 
Les États-Unis n’importent pratiquement plus de pétrole via le détroit d’Ormuz et n’en importeront plus à l’avenir. Nous n’en avons pas besoin. Nous n’en avons jamais eu besoin et nous n’en avons pas besoin.

 
Nous n’avons pas touché à leur pétrole, même si c’est la cible la plus facile de toutes — car cela ne leur laisserait pas la moindre chance de survie ou de reconstruction. Mais nous pourrions le faire, et ce serait terminé, sans qu’ils puissent rien y faire. Ils n’ont plus aucun équipement antiaérien. Leur radar est annihilé à 100%. Nous sommes une force militaire inarrêtable.

 
Les sites nucléaires que nous avons oblitérés avec les bombardiers B-2 ont été frappés si durement qu’il faudrait des mois pour s’approcher des poussières radioactives. Et nous les surveillons sous une surveillance satellitaire intense et permanente. Si nous les voyons faire un mouvement — ne serait-ce qu’un geste en direction de ces sites — nous les frapperons avec des missiles, et très durement.

 
Encore une fois : nous avons toutes les cartes en main. Eux, aucune. »
 
ANALYSE ENVOYÉE HIER SOIR aux abonnés de la Conférence des Investisseurs :
 
Point de situation au 1er avril
Cela fait un mois qu’il manque 17 millions de barils de pétrole chaque jour pour faire fonctionner l’économie mondiale.
 
Il faudra désormais au minimum 6 mois pour retrouver le niveau d’avant-guerre pour le pétrole (si la guerre s’arrête demain), et 3 à 5 ans en particulier pour la production de gaz.
 
Le problème, c’est que nous ne nous en rendons pas encore compte.
 
Les prix à la pompe ont explosé bien sûr, mais le problème n’est déjà plus le prix, c’est la pénurie. Nous nous dirigeons tout droit vers un confinement énergétique.
 
Les tankers qui ont passé le détroit d’Ormuz de 27 février sont en effet encore en train d’arriver dans nos ports. Il faut entre 20 et 30 jours pour rallier l’Europe depuis le Golfe Persique. Les derniers bateaux sont encore en train d’arriver. 
 
Puis il faut de 1 à 3 semaines pour raffiner le pétrole et qu’il arrive dans les stations-services et partout où des produits pétroliers sont nécessaires.
 
Cela signifie que nous allons seulement commencer maintenant à voir une baisse effective des livraisons de pétrole raffiné en France.
 
Bien sûr, il y a les stocks pour faire tampon. Mais encore une fois, il est déjà certain que les dérèglements vont durer de longs mois.
 
Bien sûr, il y a aussi le pétrole venant d’Inde, d’Afrique et des États-Unis, mais il va falloir nous bagarrer pour réussir à mettre la main dessus et nous ne sommes clairement pas en position de force dans cette crise. Mais personne n’est en capacité de compenser les volumes perdus. 
 
Aussi, quand nos joyeux dirigeants vous disent qu’il n’y a pas encore de tension sur les approvisionnements en pétrole : ils n’ont techniquement pas tort.
 
Ce qu’ils oublient de vous dire, c’est que les pénuries arrivent avec la certitude de la nuit après le jour et qu’ils n’ont STRICTEMENT rien fait pour nous y préparer. 
 
Pour l’Europe et la France, la fermeture d’Ormuz nous coupe de 10% de nos approvisionnements en pétrole. 
 
10%… Dit ainsi, cela ne paraît pas si terrible. 
 
Après tout, si l’on se met à conduire à 115 plutôt qu’à 130 sur l’autoroute, si nous baissons le chauffage de 22 à 20 ° ou même davantage en ressortant les pulls… Si l’on enlève 10% de plastique dans tous nos emballages… Et si l’on cherche ainsi 10% d’économie d’énergie partout, eh bien, la pilule ne devrait pas être si amère, non ?
 
Sauf que cela ne fonctionne absolument pas ainsi.
 
Sur une période de 1 à 2 ans, la demande de pétrole est quasiment inélastique : nous ne savons pas nous en passer. 
 
L’élasticité prix mesure la variation de la consommation en fonction de la variation des prix : Par exemple, les restaurants ont une très grande élasticité prix. Généralement, nous avons un budget à peu près défini pour nos sorties et si les prix augmentent, nous prendrons moins de vin ou de dessert, nous irons dans des restaurants moins chers et au pire, nous resterons à la maison. 
 
Le pétrole, c’est l’inverse : Nous ne savons pas nous en passer et surtout, nous n’avons jamais appris à nous en passer depuis les années 1970 et les premiers chocs pétroliers. 
 
Je ne parle pas de bonnes intentions mais de la réalité froide de l’expérience.
 
Une demande inélastique signifie, pour le pétrole, que si vous montez les prix de 10%, vous ne baissez la demande que de 1% — et encore, dans les scénarios les plus optimistes… 
 
Soyons donc optimistes pour une fois… Si vous montez les prix de 20%, vous baissez la demande de 2%. Et de fil inélastique en aiguille rigide, il vous faut donc augmenter les prix de 100% pour obtenir une baisse de demande de 10%.
 
L’élasticité est un peu plus forte à la pompe mais elle se calcule sur le prix total, taxes comprises… Aussi, le gouvernement aurait raison de laisser les prix s’envoler aujourd’hui afin de faire baisser la demande et de pouvoir ensuite utiliser le trop perçu en taxes pour aider les ménages ou faire baisser les prix quand les hausses de carburant nous toucheront de plein fouet et ainsi faire passer un peu mieux la pilule. 
 
L’alternative judicieuse aurait été de rationner doucement l’essence immédiatement afin de contenir les prix plutôt que de puiser dans les stocks stratégiques et nous tirer une balle dans le torse à moyen terme… Mais soyons réalistes, notre gouvernement est trop faible pour assumer une telle mesure — que ce soit la confiance que nous lui portons ou simplement son autonomie stratégique et sa capacité à agir dans le temps long — aussi, laisser les prix filer à la hausse aurait été un moindre mal… Je parle au conditionnel malgré tout car je ne pense pas nos édiles suffisamment soucieux de nos sorts. 
 
Ce n’est pas pour rien que l’élasticité prix de l’énergie est très faible…
 
L’immense majorité de nos usages sont contraints, que ce soit les usages industriels, les déplacements professionnels ou simplement pour aller à l’école. Forcer une baisse de consommation comme cela a pu être constaté dans le Golfe ou en Asie revient quasi-immédiatement à décréter un confinement énergétique. 
 
Renfermer tout le monde n’est évidemment pas la solution, il est pourtant probable que nous y retournions vu la folie de nos politiques qui confondent la réalité avec les belles images de leurs discours.
 
Mais alors pourquoi les prix n’ont-ils pas augmenté davantage ?
 
À l’heure où j’écris ces lignes, le pétrole est en baisse entre 101 et 105 dollars alors qu’il était au-delà de 110 $ depuis le début de la semaine. 
 
Les marchés réagissent comme si Donald Trump allait annoncer une grande avancée vers la paix ce soir.
 
Version trumpienne du poisson d’avril, il a déclaré aujourd’hui que l’Iran avait demandé un cessez-le-feu… Ce que l’Iran s’est empressé de démentir.
 
Nous en avons l’habitude désormais : Trump joue avec les marchés pour faire fluctuer les prix et permettre ainsi des gains maximums aux amis et grosses baleines.
 
Cela vaut le coup de nous y arrêter un instant : Nous n’avons pas simplement affaire à un président corrompu mais à un système tout entier. 
 
Je vous l’ai déjà dit plusieurs fois, l’enrichissement de Trump et de ses proches dans les manipulations de cours que représentent ses annonces n’est que le prix de ses services. 
 
Mais le système financier tout entier a besoin de ces manipulations. 
 
Le système tout entier est comme un joueur invétéré qui n’arrête pas de se dire qu’il va se refaire sur son prochain coup et qui n’en finit pas de sombrer.
 
C’est un grand classique des 30 dernières années… Après les pertes de la crise asiatique de 1997, les banquiers ont voulu se refaire sur la bulle Internet. Quand celle-ci a explosé, ils se sont tournés vers l’immobilier… Et après la crise de 2008, c’est le crédit privé qui a pris son essor, le fameux private equity qui change le plomb en or mais seulement dans la boîte bien fermée de sociétés non cotées, aux comptes non publiés.
 
Pendant que nous avons les yeux tournés vers la guerre, c’est la bulle du crédit privé qui est en train d’exploser. 
 
Plus largement, c’est même la mère de toutes les bulles qui menace, celle des dettes souveraines, celle du roi Dollar. 
 
Cette fois, les grands banquiers et gérants se rattrapent aux branches en misant sur l’or noir. 
 
Mais encore faut-il pouvoir l’acheter bon marché… Le revendre très cher… Et recommencer.
 
Il ne s’agit pas seulement de cupidité mais d’impérieuse nécessité pour un système qui ne veut pas mourir. 
 
Il n’y a pas que Trump, il y a tout un système financier qui a désormais intérêt à un pétrole cher. 
 
Pire encore, ils ont intérêt à un pétrole cher mais ils ont encore intérêt à la continuation de la guerre par tous les moyens : Trump l’a d’ailleurs annoncé, il ne peut accepter aucun cessez-le-feu dans l’ouverture complète d’Ormuz. 
 
Remettons les choses au clair sur Ormuz : Les volumes se sont arrêtés au mois de mars. Selon Kpler, la circulation a diminué de 99% en mars. Seuls 24 bateaux sont passés et 4 non-iraniens. 
 
Oui, les Iraniens ont annoncé il y a longtemps déjà que le détroit était ouvert pour les pays qui n’étaient pas en guerre contre eux, avec des cargaisons uniquement libellées en Yuan chinois et avec une taxe de passage équivalente à 2 millions de dollars par bateau… Mais dans les faits, encore à l’heure où j’écris ces lignes, seuls 5 à 6 bateaux franchissent le détroit chaque jour.
 
Accepter la solution iranienne est un tremblement de terre auquel personne n’est encore prêt en Occident : C’est la fin du droit maritime, des circuits de financement, d’assurance… Et à moyen terme, c’est tout simplement la fin du Dollar comme monnaie mondiale.
 
Si l’économie mondiale se dédollarise sérieusement, c’est la fin de l’Amérique et de l’Occident. 
 
Cette fin était déjà inscrite à l’horizon d’un quart de siècle, elle serait désormais bien plus rapide. 
 
Nous avons du mal à nous rendre compte que les États-Unis sont bien plus dépendants du dollar qu’au pétrole. 
 
Bien sûr qu’ils n’ont pas besoin du pétrole du Golfe. Ce dont ils ont besoin et de manière existentielle, c’est que le monde continue de dépendre du dollar. 
 
Il n’y a pas qu’Israël qui est désormais engagé dans une lutte pour sa survie. Les États-Unis également.
 
Voilà pourquoi je ne m’attends pas à ce que Trump annonce une véritable bonne nouvelle cette nuit. 

À votre bonne fortune,

 
Guy de La Fortelle


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