CECI N’EST PAS UNE GUERRE – prochain rendez-vous dimanche soir

09 05 2026
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Tout va bien ma chère lectrice, ne vous inquiétez pas mon cher lecteur,
 
Dans la nuit de jeudi à vendredi, les États-Unis ont accusé l’Iran de tirer sur trois de leurs destroyers… tandis que l’Iran se défendait : les Américains avaient tiré les premiers en attaquant un de leurs pétroliers.
 
Mais à l’heure où j’écris ces lignes, le cessez-le-feu est toujours en vigueur dans le golfe persique.
 
Dormez tranquilles chers amis.
 
Le détroit est totalement paralysé
Hier, les États-Unis ont de nouveau attaqué des positions iraniennes à Bandar Abbas, l’île de Qeshm, Sirik, Minab et Garuk ainsi que deux VLCC, ces pétroliers géants.
 
Ils empêchent les navires de sortir du détroit… Mais ils leur interdisent également de circuler dans le golfe persique car il faut désormais empêcher l’Iran de charger ses navires au terminal de Kharg dans le fond du golfe afin de les utiliser comme stockage flottant.
 
Mais le seuil de rupture du cessez-le-feu n’a pas été franchi comme dirait le secrétaire à la guerre américain, Pete Hegseth.
 
L’Iran revendique avoir touché les trois destroyers avec un missile et trois drones. Plus étonnant, ils ont aussi saisi un de leurs propres pétroliers s’échappant d’Ormuz avec une cargaison de brut iranien… Eh oui, il y a aussi de la piraterie en sus.
 
Les États-Unis de leur côté ont saisi deux navires iraniens.
 
Bref, la circulation dans le détroit est totalement paralysée désormais : Plus aucun assureur n’accepte de faire passer les bateaux qui ont une fâcheuse tendance à brûler récemment.
 
Mission : Impossible — Les conditions pour qu’un bateau sorte du détroit
J’ai eu la chance de discuter avec le responsable shipping d’une société d’hydrocarbures. Il a fait sortir un de ses bateaux piégés dans le golfe mi-avril : voici ce qu’il m’a raconté.
 
Il a bénéficié de trois conditions pour parvenir à extraire son bateau :
  • La confusion d’une annonce de réouverture d’Ormuz par les Iraniens un vendredi soir avant que l’on se rende compte des conditions drastiques associées ;
     

  • La validation de l’assureur avec trois règles :
     
     
    • payer une prime d’assurance particulièrement « généreuse » ;
       

    • foncer tous feux et instruments éteints à part la gonio qui est passive, à l’estime — les Anglais sont plus dramatiques, ils disent « dead reckoning », cela fait Mission : Impossible — ;
       

    • rebrousser chemin au premier contact radio de quiconque se faisant passer pour un Iranien.
       

  • Le bateau était vide : condition essentielle pour passer en pleine nuit à pleine vitesse et tous feux éteints, à l’estime dans les eaux peu profondes des eaux omanaises.
 
Il y a eu ainsi quelques nuits au mois d’avril pendant lesquelles trois à quatre bateaux pouvaient passer.
 
Mais encore fallait-il accepter de payer plusieurs millions de dollars d’assurance (pour un bateau vide) alors que les annonces étaient et sont toujours systématiquement à la paix depuis plus d’un mois : le même bateau allait peut-être pouvoir passer quelques jours plus tard, sans les risques et sans la prime d’assurance.
 
Il n’est pas facile pour un responsable d’engager des sommes aussi importantes, de prendre de tels risques alors que la situation pourrait se débloquer à tout moment.
 
Oui, les fanfaronnades de Trump l’enrichissent ainsi que sa famille et ses sponsors mais le coût pour l’économie mondiale qui ne peut plus rien prévoir encore moins s’adapter est infiniment plus lourd et destructeur.
 
Mais comme diraient les Iraniens, il ne s’agit que d’accrochements sporadiques
 
Le dilemme que nous observons depuis le début de cette guerre s’épaissit :
 
Nous marchons en somnambules vers une catastrophe d’ampleur biblique 
Chaque jour qui passe à Ormuz sans qu’un bateau n’y passe nous conduit en somnambules vers une catastrophe mondiale d’ampleur biblique mais toute tentative de briser cette marche vers l’abîme risque de nous y entraîner plus vite encore.
 
Le terrible constat demeure : L’Iran ne peut pas plus libérer l’étreinte d’Ormuz que les États-Unis ne peuvent accepter le contrôle persan. Chaque belligérant joue sa peau.
 
Après un mois de trêve perdue, la panique pointe, la douleur des blocus se fait sentir, on commence à suffoquer. Chacun tente, imperceptiblement, de resserrer son étreinte en se libérant de celle de l’autre.
 
Il n’y a toujours pas de solution acceptable pour les belligérants.
 
La Chine derrière l’Iran a fait des stocks de pétrole gigantesques. Pékin semble en mesure de tenir jusqu’à ce que Washington cède.
 
La situation pourrit. L’enlisement se confirme.
 
 
Comme en 2008, les marchés font semblants… Puis capitulent
Au niveau financier, la situation me fait penser à ces dernières semaines de l’été 2008 durant lesquelles la crise immobilière des subprimes avait déjà éclaté aux États-Unis mais était glorieusement ignorée sur les marchés financiers.
 
Déjà, les marchés étaient manipulés par les grandes banques qui en profitaient de déboucler un maximum de positions avant de capituler.
 
La même ambiance crépusculaire nous étreint : C’est la dernière valse du Titanic ; les rats, eux, quittent le navire.
 
À nous de prendre nos responsabilités ; à nous de prévoir, d’utiliser ce sursis à notre avantage et de nous préparer tant qu’il est encore temps.
 
À votre bonne fortune,
 
Guy de La Fortelle
 
PS : La prochaine réunion de la Conférence des Investisseurs aura lieu demain, dimanche 10 mai à partir de 20H. Il s’agit d’un atelier pratique pour ouvrir un compte de courtage et passer un ordre

 
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