« Les maisons paient pour les voitures »

19 04 2019
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Chère lectrice, cher lecteur,

La politique économique en France est une succession de désastres.

Elle produit les effets inverses de ce qu’elle entend rechercher… Avec persévérance.

C’est tellement gros que l’on n’y croirait pas. Vous vous dites que ce n’est pas possible. Cela doit être vous qui ne comprenez pas… Mais au fond vous savez bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas.

Voici un exemple ancien et plus que jamais d’actualité témoin de l’ignorance crasse et de l’arrogance abyssale de nos politiques qui n’ont rien appris en 40 ans.

Le petit pan de réalité soulevé aujourd’hui vous montre à quel point les gens qui nous gouvernent NE savent PAS ce qu’ils font et qu’il vaudrait encore bien mieux qu’ils ne fassent rien.

J’ai relu de larges passages de l’excellent livre de l’économiste Alfred Sauvy « L’économie du diable ».

L’ouvrage a 40 ans et décrit des problèmes qui pourraient être ceux d’aujourd’hui.

Un paragraphe porte ce titre étrange : «  Les maisons paient pour les voitures ».

En voicie un extrait ci-dessous :
Les finances départementales et communales sont dans une situation critique; leur fiscalité vétuste est assise en large part, sur le logement, c’est-à-dire sur un besoin vital.

L’accroissement continu de ces impôts frise, dans certains cas, la spoliation, l’habitant étant tenu, qu’il soit propriétaire ou locataire, de payer, en somme, un loyer à la collectivité, de plus en plus élevé
; une douche, un lavabo entraînent un grèvement supplémentaire.

Depuis 19 ans, cet impôt sur le logement, sans contrepartie, a été multiplié par le coefficient 15 à prix courants et 5 à prix constants. Au cours de la même période, les impôts sur les carburants n’ont augmenté que de 1 à 2,2, ce qui correspond à une baisse à prix constants.

Si une disposition aussi violemment antisociale se maintient, ce n’est pas seulement par la puissance des intérêts routiers, mais à cause de l’argument si fort et si étourdi, de l’emploi.

Une actualisation des taxes sur les carburants et les véhicules réduirait, dit-on, la circulation et la vente, mettant en chômage les hommes vivant de la route et de la construction automobile. C’est le visible.

La majoration considérable des impôts locaux réduit le pouvoir d’achat des habitants de ces logements. Ils achètent moins de textiles, de produits industriels, font appel à moins de services, ou bien épargnent moins, tarissant une source d’investissements. Des emplois sont supprimés ailleurs.

Seulement les emplois supprimés sont invisibles. Aucune comptabilité nationale ne les localise, même approximativement.

Déjà, il y a 40 ans, on taxait l’immobilier à outrance… Mais en plus aujourd’hui, la politique ultra-accommodante de la BCE qui fait marcher la planche à billets comme jamais a fait s’envoler les prix de l’immobilier.

Résultat : à force de subventionner les voitures et taxer le logement, vous vous retrouvez dans une situation délirante où les populations sont expulsées en dehors des villes et passent de plus en plus de temps en voiture pour se déplacer.

Cela fait 40 ans que nous observons le problème et appliquons de mauvaises solutions, dont nous ne savons qu’augmenter les doses. Et ce n’est pas près de s’arrêter… Après l’IFI, La promesse du gouvernement d’interdire les voitures thermiques promet des sommets de subventions et aides publiques pour les constructeurs alors que tout ce que nous demandions, c’était de pouvoir nous loger à une distance décente de notre travail et d’y aller à bicyclette.
 
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À votre bonne fortune,

Olivier Perrin,
 
 

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