« CÉLÉPERSES ! » : ÇA CHAUFFE SUR LE PÉTROLE

20 02 2026
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Attention ma chère lectrice, mon cher lecteur,
 
Le pétrole chauffe à quasiment 72 $.
 
Cours du pétrole
 
Que se passe-t-il ? Officiellement, c’est les Perses bien sûr… Légère variation dans le pipeau médiatique ambiant, au lieu de l’habituel célérusses, ce sont les Iraniens qui n’ont rien demandé à qui l’on fait porter le chapeau.
 
La rengaine est à peine moins éculée.
 
Le blocage du détroit d’Ormuz fait encore flamber les prix !? Bof.
Officiellement, ce sont les tensions dans le détroit d’Ormuz qui font flamber le pétrole. 20 à 30 % des échanges de brut passent par Ormuz, porte d’entrée… Ou plutôt de sortie du golfe persique. Si le pétrole ne passe plus, c’est effectivement embêtant.

 
Alors que se tiennent des négociations à Genève sur le nucléaire iranien, les États-Unis font pression sur l’Iran en concentrant leur flotte en Méditerranée depuis quelques semaines. La réponse n’a pas tardé et les Iraniens ont fermé le détroit d’Ormuz en rétorsion.

 
Voilà où nous en sommes, tout le monde craint un blocage long et ça flambe.
 
Ça, c’est pour la belle histoire.
 
La réalité en dit une bien différente.
 
Tout d’abord, le blocage du détroit a été causé par des exercices menés par les Gardiens de la Révolution. Il n’a duré que quelques heures mardi dernier. Il n’y a eu aucun embouteillage de bateau, cela n’est pas senti sur la circulation des pétroliers.
 
Les négociations de Genève sont plutôt bien orientées.
 
Et de toute manière, les prix montent depuis la fin de l’année dernière. Ils ont pris 13 $ (22 %) depuis le 17 décembre au moment où j’ai fait ma dernière recommandation sur le pétrole.
 
Et de toute manière, tout le pétrole iranien ou presque fini en Chine, allié vital des Iraniens, et les Chinois n’ont pas du tout envie de se faire sucrer leur pétrole iranien après le Venezuela.
 
Voilà, voilà… Second niveau d’analyse déjà plus crédible :
 
Les États-Unis veulent punir l’Iran après le Venezuela ? Mouais. 
Ce qui a marché en janvier dans l’arrière-cour des États-Unis est en train de faire long feu en février dans une zone d’influence de la Chine.
 
Les États-Unis ont réussi à sortir la mal-nommée flotte fantôme des côtes vénézuéliennes et à prendre la place de la Chine comme premier importateur du pétrole vénézuélien.
 
Il semble presque naturel que Trump s’attaque désormais à l’Iran, aussi sous sanction et qui exporte 3 fois plus de pétrole, avec la même « flotte fantôme », également vers la Chine.
 
Mais là encore l’histoire ne tient pas.
 
Non seulement l’effet de surprise a disparu, mais l’Iran n’est pas le Venezuela, les mollahs ne sont pas les bolivariens et surtout : La Chine montre les muscles.
 
L’armée chinoise a publié cette semaine des vidéos qui ont fait grand bruit montrant une formation de robots et drones de combat en plein exercice. Cette semaine encore une vingtaine d’avions chinois et américains (c’est-à-dire BEAUCOUP) se sont fait face en mer jaune sans ouvrir le feu.
 
Et encore, faut-il rappeler que Xi Jinping vient de finir sa purge de l’armée dont il a repris un contrôle serré et que le pays a désormais 3 porte-avions et 6 autres en projet… Alors que les premiers exercices d’ampleur d’un porte-avion chinois ne datent que de 2023. Ce rattrapage à grande vitesse n’est pas tout à fait anodin pour comprendre l’évolution des relations internationales.
 
Tout cela va-t-il suffire à faire reculer les États-Unis ? Et quand bien même : Trump lui-même est désormais pris à son propre piège.
 
 
Les États-Unis sont rattrapés par l’inflation ! Aïe. 
Vous connaissez l’adage : La politique étrangère n’est que le prolongement de la politique intérieure.
 
Rappelons que Trump va faire face à des élections de mi-mandat cruciales en fin d’année. Les démocrates ont juré sa perte s’ils retrouvaient la majorité au Congrès.
 
Et cette majorité justement est plus fragile que jamais et battue en brèche par une mauvaise inflation.
 
Selon les derniers chiffres d’inflation, celle-ci est en train de repasser au-dessus des 3%… En dehors même des prix de l’énergie !
 
Pour des Américains obsédés par la consommation, qui possèdent quasiment deux fois plus de voitures par habitant que la France et passent une bonne partie de leur journée dedans, les prix à la pompe et l’inflation font et défont les élections.
 
Mais voilà que nous nous rendons compte que la belle politique douanière de Trump n’a pas produit autre chose que de l’inflation et que leur production de pétrole — la première au monde ! — est désormais en déclin.
 
Malgré le fameux « pompez, les gars, pompez » envoyé à l’industrie pétrolière au début de son mandat, accompagné d’un long train de mesures pour les y encourager… Cette production baisse désormais et surtout le nombre de puits en exploitation, lui, est en chute libre.
 
On comprend alors que Trump ne cherche pas tant à chasser les mollahs d’Iran qu’à récupérer les flux pétroliers pour lui comme avec le Venezuela… mais l’on n’est pas loin de la quadrature du cercle tant l’Amérique a diabolisé l’Iran et tant la Chine a pris la place.
 
Encore une fois… L’Iran n’est pas le Venezuela. La période de sidération est vite passée après son enlèvement coup de poing de Maduro.
 
 
L’Arabie saoudite est bien décidée à prendre sa revanche 
Dernier aspect stratégique de cette guerre pour l’or noir : l’Arabie saoudite.
 
Les saoudiens ont lancé une guerre des prix en 2015 pour tenter de décrocher les pétroles de schiste américains et tuer dans l’œuf cette concurrence malvenue. Mais à part la parenthèse du COVID, cela fait plus de dix ans qu’ils sont empêtrés dans de mauvais calculs. Les Américains ont su baisser leurs prix d’extraction bien au-delà des prévisions et jusqu’ici, toute baisse de production saoudienne se traduisait par une augmentation de revenus pour les États-Unis.
 
Mais vous le savez, cher lecteur, tant je vous ai alerté sur le sujet depuis six mois : Nous touchons au pic de Hubbert des pétroles de schistes américains. Les Saoudiens peuvent à nouveau reprendre le contrôle des prix… Les États-Unis ne peuvent plus suivre.
 
Ils ont d’ailleurs refusé de bouger le petit doigt depuis le début de cette hausse des prix. Ils refusent désormais d’augmenter leur production et toute l’OPEP avec eux.
 
C’est qu’au-delà du pic pétrolier des schistes américains qui nous renvoie au pic conventionnel de 1970 et du choc pétrolier qui a suivi, les États-Unis sont également pris dans une hausse des taux longs qui prend les producteurs américains en ciseaux : Les crédits coûtent désormais très chers d’un côté et de l’autre, les investisseurs exigent désormais des rentabilités supérieures.
 
Même si le prix du pétrole continue d’augmenter… Les États-Unis ne pourront pas suivre, ils ne pourront pas contre-carrer cette hausse.
 
Je pense d’ailleurs que la décision aujourd’hui de la Cour suprême américaine qui rend illégale la politique tarifaire de Trump est la moins pire des portes de sortie pour lui et je ne serais pas étonné qu’il ait activement recherché cette issue.
 
Toutes ces raisons me font penser que la hausse actuelle n’est pas conjoncturelle mais peut-être le bien le début du grand mouvement d’un grand mouvement de hausse.
 
Le pétrole a déjà pris 22 % depuis ma recommandation en décembre dernier (le CAC40 qui bat des records ces jours-ci doit se contenter de 5 % et les S&P 500 américains stagnent à 2 %).
  
Je pense que c’est le moment d’agir.
 
Aussi, je réserve 30 exemplaires de ma Stratégie 3e CHOC PÉTROLIERS aux premiers d’entre vous.
 
Je fais cela afin de m’assurer que nous puissions nous occuper de chacun de vous et répondre à vos questions dans de bonnes conditions. 
 

 
À votre bonne fortune,
 
Guy de La Fortelle
 
 
 
 


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