Les banquiers centraux sont des veaux… Des veaux d’or

01 03 2020
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Mon cher lecteur,
 
Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois.
 
Aujourd’hui, nous regardons, effarés, chuter les grands indices boursiers mondiaux.
 
Mais ce n’est pas là que se trouve le vrai risque. Pas encore.
 
Apple peut bien perdre la moitié de sa valeur en bourse, les coffres sont pleins et ils bénéficieront les premiers à la fois des largesses de la Fed et du rebond une fois le coronavirus passé.
 
Ce n’est pas pour rien que la première valorisation boursière mondiale attire tant les investisseurs.
 
Apple reste bien trop surévalué pour que je vous conseille d’en acheter, mais il y a un fossé entre une chute des marchés de 12 % et le grand soir de la finance. Rien ne dit que cette fois c’est foutu. Cela viendra mais « veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure ».
 
Le vrai risque est à la périphérie : en Turquie, en Italie, sur les dettes « à haut rendement ». À des endroits où l’action des banques centrales perd de son efficacité.
 
Nous vivons dans un monde qui voue un culte aux idoles avec les banquiers centraux dans le rôle du veau d’or.
 
Mais comme tous les veaux d’or, les promesses des banques centrales n’engagent que ceux qui les croient.
 
Et encore une fois, nous voyons émerger les limites de leur pouvoir. Bien sûr elles attirent notre attention ailleurs mais à ceux qui savent où regarder se révèle l’usure de nos politiques monétaires.
 
L’Italie est prise en étau. L’émergence du virus en Lombardie, poumon économique de la Botte, met la pression sur les finances italiennes. La dette publique italienne est de 133 % du PIB, il n’y a que la Grèce pour faire pire en Europe. Aussi, les mesures budgétaires annoncées par Rome pour tenter de garder leur économie à flot sont mal accueillies par les marchés.
 
Le taux italien à 10 ans a bondi de 20 %… Et la BCE ne peut rien faire pour sauver le soldat Conte. Dans le même temps, les taux allemands se sont effondrés à -0,6 %, une baisse de 50 % en une semaine.
 
 
2e exemple : La musique des Zombies s’arrête. Les zombies sont des entreprises tellement endettées qu’elles sont besoin de s’endetter encore plus pour payer… Les intérêts de leur dette.
 
Le terme d’entreprises Zombies est vieux mais il a été popularisé en 2018 par une analyse de la Banque des Règlements Internationaux (la banque centrale des banques centrale) qui s’inquiétait du poids de ces entreprises mort vivantes qui empêchent la croissance d’entreprises bien gérées. Or, comme l’a noté Bruno Bertez, l’incertitude liée au virus a totalement gelé les émissions de nouvelles dettes corporate :
 
 
Là encore, les banques centrales n’y peuvent pas grand-chose : l’incertitude actuelle empêche tout simplement de mettre un prix sur l’émission de dettes.
 
Ajoutez à cela que les investisseurs se désengage massivement de ces titres toxiques avec un record de vente pour les ETF américains high-yield cette semaine et vous avez tous les ingrédients pour une grosse crise de refinancement sur des pans entiers de l’économie.
 
Vous me direz qu’il n’est peut-être pas si mal de purger ces entreprises gravement déficientes. Certes. Malheureusement, à cause des taux bas, les produits d’épargne sont pleins de ces dettes à taux fixe, « haut rendement » et au risque encore bien supérieur. Cela ne va pas faire du bien aux portefeuilles.
 
Conséquence directe de cette crise, l’or a baissé. C’est normal : je vous répète suffisamment que l’or est l’assurance ultime. Et cette assurance a joué :  les grands investisseurs ont dû vendre pour répondre aux appels de marge. Comme en 2008 ou en 2001, l’or commence par baisser avant de partir franchement à la hausse.
 
 
Comme prévu, le coronavirus fait ressortir nos faiblesses : nous avons une preuve que l’Euro est une monnaie ingérable et une autre que « l’économie productive » si chère à notre président est en fait pleine de passagers clandestins, ces zombies qui détruisent de la valeur.
 
Sans doute cette semaine allons-nous nous enfoncer encore un peu plus dans la crise. Les banques centrales vont sortir le grand jeu, elles vont miner un plus le trésor de nos monnaies. Le virus va passer et nous nous retrouverons dans un monde encore plus dysfonctionnel qu’avant, encore plus injuste, encore plus schizophrène.
 
Longue et sans retour est la route de la perdition.
 
Face à la folie des banques centrales, nous n’avons d’autres choix que de faire la grève, la grève de l’épargne et la grève de l’Euro.
 
 
À votre bonne fortune,
 
Guy de La Fortelle

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