LES ÉTATS-UNIS ENTRENT EN CRISE !

27 08 2026
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Ma chère lectrice, mon cher lecteur,
 
Le 31 juillet, pour sauver le yen, le Trésor américain a vendu des euros. Pas des dollars : des euros.
 
Prélevés sur ses réserves, sans consulter personne à Francfort ni à Bruxelles, Washington s’est servi de notre monnaie comme d’une variable d’ajustement pour protéger la sienne, et nos dirigeants n’ont même pas protesté publiquement. Voilà où nous en sommes : l’euro n’est plus une monnaie, c’est une sous-monnaie du dollar. Et ceux qui la gèrent sont complices.
 
40 000 milliards : le chiffre qui ne veut rien dire
On a beaucoup glosé cette semaine sur le franchissement des 40 000 milliards de dollars de dette fédérale américaine — 40 047 milliards exactement au 18 août… Mais qu’est-ce que c’est que 47 milliards !
 
Franchement : ce chiffre ne dit presque rien. Il ne compte ni les engagements hors bilan, ni les retraites promises, ni les garanties implicites — tout ce qu’on ne compte jamais.
 
Ce qui compte, c’est ailleurs. Ce qui compte, c’est que le taux de la dette américaine à 30 ans qui se traite au-delà de 5 % — 5,23 % le 20 août — des niveaux que l’on n’avait plus vus depuis 2007, de sinistre mémoire. Et surtout, ce qui compte, ce sont deux opérations menées cet été par Scott Bessent. Deux opérations financièrement minuscules… Mais psychologiquement catastrophiques.
 
Opération n°1 : Le « sauvetage » du Japon
Le 31 juillet, Washington intervient aux côtés de Tokyo pour soutenir le yen, au plus bas depuis quarante ans. C’est la première intervention américaine en faveur du yen depuis juin 1998. Le Japon y met environ 87 milliards de dollars de ses réserves ; la contribution américaine, elle, est modeste — 5 à 10 milliards.
 
Ne cherchez pas d’amitié là-dedans. Le Japon est le premier détenteur étranger de bons du Trésor américain, autour de 1 200 milliards de dollars. Pour défendre sa monnaie, Tokyo n’a qu’une caisse à ouvrir : celle des Treasuries. Or vendre des Treasuries, c’est faire monter les taux américains. C’est-à-dire faire
exploser la facture de Washington.
 
Le message envoyé aux marchés est limpide, et ils l’ont parfaitement décodé : quand on détient de la dette américaine, on n’a plus le droit de la vendre. L’Europe l’a appris après 2008. Le Japon vient de l’apprendre en juillet. Les alliés des États-Unis ne sont plus des alliés, ce sont des amortisseurs.
 
Ce n’est pas nouveau, c’est même une tradition. En 1956, Eisenhower a laissé couler la livre sterling pour faire plier Londres et Paris à Suez. L’Empire ne se défend jamais aussi bien qu’en sacrifiant ses vassaux. Et pendant ce temps, en pleine campagne présidentielle française, on nous parle d’ingérences étrangères. Allez donc faire un tour au Parlement européen regarder de qui nos charmants députés reçoivent leurs dossiers et leurs éléments de langage.
 
Opération n°2 : 20 milliards offerts, 2 milliards acceptés
Le 19 août, le Trésor annonce hors calendrier qu’il double au moins la taille de ses rachats de soutien à la liquidité sur les segments 10-20 ans et 20-30 ans : de 2 milliards à au moins 4 milliards de dollars par opération, à partir du 9 septembre, soit 16 milliards par mois.
 
Attention, ce n’est pas un Quantitative Easing que nous avons si bien connu dans les années 2010 ! La Fed, quand elle achetait des titres — jusqu’à 160 milliards par mois au plus fort — les mettait au congélateur.
Le Trésor, lui, rachète et annule des titres avec ses propres ressources : On remplace donc une dette long terme par une autre de court terme. C’est de la gestion de dette, pas de la création monétaire. On parle de dix fois moins, avec un mécanisme différent.
 
Cette décision a été prise à la va-vite dans un vent de panique car la veille, lors du rachat des 2 milliards hebdomadaires… Ce sont 20 milliards qui s’étaient présentés au guichet ! 10 fois plus de créanciers voulaient se débarrasser de leurs titres infourgables que le Trésor ne pouvait racheter.
 
Vous avez là toute la vérité de l’été en une ligne. La sortie de secours est prise d’assaut. Et quelques heures après l’annonce du doublement, les taux ont d’abord baissé un peu. Puis ils ont beaucoup monté.
 
C’est le vrai sujet. Depuis 2008, la Fed pilote par micro-ajustements annoncés des mois à l’avance. Aujourd’hui, ce mouvement d’horlogerie se grippe. Les annonces produisent l’effet inverse de celui recherché. La Fed le sait et se tait ; le Trésor, lui, avance à la hussarde.
 
Il ne reste que l’inflation
Quand un État ne peut plus emprunter à un prix supportable et ne veut pas couper, il n’a plus qu’un outil : l’inflation. Depuis le Covid, financièrement, tout est là. Le « quoi qu’il en coûte » a permis de fourguer de la dette et de l’inflation à haute dose, et c’est à ce moment-là que les fortunes se sont démultipliées. Regardez le paradoxe : des États techniquement en quasi-faillite, et des entreprises privées qui battent record après record en rachats d’actions et dividendes. Quand on ne sait plus créer de valeur, on la transfère. Et le pire véhicule de transfert, c’est l’inflation.
 
Nous avons désormais des économies retournées : ce n’est plus la finance qui sert l’économie réelle, c’est l’économie réelle qui est priée de soutenir le système financier. La bulle de l’IA en est l’illustration parfaite — la révolution est réelle, mais on construit une tour de Babel où l’intérêt financier prime sur l’usage.
 
La pause de 2024-2025 est terminée. L’inflation en zone euro est remontée à 2,9 % en juillet, et vous n’avez même pas besoin des chiffres officiels sous-estimés : votre caddie vous l’a dit avant Eurostat.
Retenez ceci : le système a besoin d’inflation. Il a besoin de vous faire les poches. Et plus on vous répète qu’on lutte contre elle, moins on le fait. Or l’inflation, quand vous ne pouvez plus ajuster la monnaie, finit en pénurie. Et la pénurie finit toujours en rationnement — Dioclétien l’a démontré déjà il y 1700 ans, en 301 avec son édit sur les prix maximaux : les marchandises ont disparu des étals dans l’année.
 
C’est exactement pour cela qu’on nous parle d’euro numérique et de facturation électronique. Le pilote de l’Euro numérique est prévu au second semestre 2027 pour un lancement possible en 2029. Et en France, dès le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront pouvoir recevoir des factures électroniques structurées transitant par des plateformes agréées. Je l’écris depuis le premier rapport de la BCE : un euro numérique n’est plus une monnaie, c’est un carnet de rationnement géant. La facturation électronique, c’est le même mouvement appliqué aux entreprises : traçabilité totale, donc rationnement possible.
 
Le vrai cœur du réacteur : le pétrole
La domination du dollar n’a jamais reposé sur la vertu budgétaire américaine. Elle repose sur le pétrole. Si le monde entier a besoin de dollars, c’est d’abord pour acheter du brut et cette domination est battue en brèche :
 
  • Aujourd’hui, environ 20 % des transactions pétrolières se règlent hors dollar, contre quasiment zéro au début du siècle. C’est encore modeste. Mais cela grimpe très vite, porté par la guerre en Ukraine, la mal nommée flotte fantôme, et maintenant le conflit iranien. Le contrôle américain ne passait pas que par la monnaie : il passait par les assurances, les flottes, les circuits. Ce sont ces circuits qui se dédoublent — nous l’avons vu en direct quand plus aucun assureur n’acceptait de faire passer les navires par Ormuz.
     

  • Deuxième signal, géopolitique celui-là. Le 7 août, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé à La Mecque un accord de défense mutuelle inédit. Trois alliés historiques de Washington qui organisent leur sécurité sans Washington. Et l’on parle désormais d’une invitation faite à l’Iran — que Téhéran dément avoir reçue officiellement. Démenti ou pas, le fait est là : le retrait américain de la région, que j’annonce depuis longtemps, s’organise.
     

  • Troisième signal, et c’est le plus sous-estimé : depuis le conflit iranien, c’est la Chine qui a fait le marché du pétrole, pas les États-Unis. Un pays qui n’est pas un gros producteur au regard de ses besoins. Elle l’a fait par ses stocks — constitués à l’avance —, par ses capacités de raffinage, et par son rôle de plaque tournante : le brut arrive en Chine, y est raffiné, et repart dans toute la zone. Pékin pousse évidemment pour davantage d’échanges en yuan, voire en crypto.
 
Que ce soit clair, cependant : le yuan n’est pas une monnaie de réserve. Il le deviendra peut-être. À ceux qui me disent « il faut acheter du yuan », je réponds : ce n’est ni facile, ni souhaitable aujourd’hui.
 
L’or est redevenu le premier actif de réserve
Le signal le plus symbolique de l’année est passé presque inaperçu. Selon la BCE, l’or représentait 27 % des réserves des banques centrales à fin 2025, contre 20 % un an plus tôt, dépassant les bons du Trésor américain à 22 % et l’euro à 15 %.
 
Lisez bien ce que cela veut dire. Les banques centrales lâchent le dollar. Elles ne le lâchent pas pour l’euro. Elles le lâchent pour l’or. Ce n’est pas un hasard si l’on revient toujours à l’or : une monnaie est un bien commun confié en gestion, et quand la gestion trahit, on retourne au métal. L’once a d’ailleurs touché un record à 5 608 dollars en janvier avant de se stabiliser autour de 4 600 dollars.
 
Ma recommandation : la seule façon de gagner, c’est de ne pas jouer
La destruction monétaire en cours est volontaire. Plus on détruit la monnaie, plus vous voyez l’inflation en magasin, plus vous vous appauvrissez — et plus, en face, les centimillionnaires prospèrent, et plus l’État devient paradoxalement fort de vos faiblesses. Demandez aux agriculteurs ce que c’est que d’être seul devant la machine à broyer administrative.
Alors ne jouez pas cette partie. Sortez-en, patiemment et concrètement.
  • Débancarisez, dé-euroïsez, dé-dollarisez. De l’or physique d’abord, un peu de franc suisse ensuite. C’est la base, et c’est le socle.
     

  • Pétrole et gaz européens : je ne les rachète pas à ces niveaux. J’ai beaucoup recommandé le secteur depuis Ormuz, il a payé, il est désormais très haut. On garde, on n’ajoute pas.
     

  • Les cryptos gardent du potentiel. Bien acheter en début d’été était pertinent ; la hausse est déjà là, mais la logique de fond — trouver des alternatives aux monnaies fiduciaires — reste intacte. J’y reviendrai en détail bientôt.
     

  • Et surtout, revenez au réel. Où vous habitez, comment vous vous chauffez, comment vous vous nourrissez. La campagne et les petites villes de province ne sont pas le pire endroit par les temps qui viennent. L’autonomie, ce n’est pas de la survie : c’est de la souveraineté à l’échelle d’un foyer.
     

  • Une manière de revenir au réel de nous positionner sur le grand enjeu du vieillissement en France. Le secteur est en convalescence après l’immense scandale ORPEA, il s’est réformé mais peu l’on encore remarqué et surtout il est devant une explosion des demandes. Ce n’est pas souvent que nous avons une telle opportunité d’un investissement utile, dans un secteur en sortie de crise et face à une explosion de la demande. Cliquez ICI pour bénéficier de cette opportunité d’ici dimanche — dernier délai.
À votre bonne fortune,

 
 

Guy de La Fortelle


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